C'Ian Jexter
Histoire des Jexter
Dans quelques jours, R’Lan Jexter, son tendre amour et amant, reviendra à Varkis près des siens après son départ, ou plutôt, sa retraite du service militaire de Fels der Rothaarige. Il trouvera sûrement la maison familiale bien grande à son retour, car ses fils, sont partis pour servir la principauté. Ces cinq grands gaillards, élevés selon le code d’honneur des Jexter (courage, respect, sagesse et bravoure), étaient prédestinés à être guerriers. Comment aurait-il pu en être autrement? Ils sont des Jexter, héritiers de la forte constitution de leurs ancêtres, au grand dam de leur mère.
En effet, Dame Myroande aurait bien aimé mettre au monde des jeunes filles qu’elle aurait pu pousser vers des études en magie, Drakis n’étant qu’à quelques lieues de Varkis. Comme elle aurait été fière d’elles! A’Nré, malgré tout, démontrait quelque talent pour la magie. Dame Myroande pourrait peut-être l’envoyer exploiter ce potentiel là où elle étudia elle-même à l’époque où elle portait encore le nom Bedauern. C’est sous la tutelle de Friedrich Weisheit, grand Mage résidant à Drakis, que Myroande étudia quelques années. Ce grand magicien y avait fondé une école où bon nombre de mages d’Argyle s’arrêtaient à un moment ou à un autre de leur carrière. C’est à cette époque qu’elle dû admettre qu’elle n’avait pas le talent nécessaire pour devenir magicienne. Pour ne pas finir sa vie seule, elle fut contrainte à apprendre à manier l’épée et à tirer à l’arc. Elle avait déjà déshonoré son nom auprès de Weisheit et c’était suffisant. Cependant, pour se racheter, son père la contraignit à donner un de ses enfants à l’Archimage pour en faire un apprenti.
Pour elle, c’était décidé! Lorsque son époux serait revenu, fier des honneurs qu’il aura sûrement reçus pour souligner la fin de sa carrière, elle lui en parlerait. R’Lan avait fait la promesse à Kleine Bedauern, lorsqu’il lui avait demandé la main de sa fille, d’honorer la mémoire des Bedauern et de fournir à Weisheit un apprenti. Maître Jexter n’aura pas le choix d’obtempérer, sa parole étant sa vie, mais elle devrait subir son humeur quelques temps. Ah! Si seulement Tharos ne se jouait pas d’elle, elle aurait pu avoir une fille et l’envoyer à Drakis! De cette façon, elle aurait évité de subir la colère de son époux. Au moins, l’âme de son défunt père sera-t-elle en paix…
Dès son arrivée à Varkis, R’Lan dû s’habituer à sa nouvelle inactivité. C’est ce moment que choisit Myroande, fine stratège, pour lui rappeler son engagement. Il fut difficile à R’Lan de ne pas maudire Tharos de ne lui avoir donné que des garçons, mais il dû reconnaître que sa femme avait raison, qu’il avait promis au vieux Bedauern d’envoyer à Drakis un des fruits de leur amour. Pendant tout ce temps, il avait cru le sujet clos. S’il fallait une magicienne en échange d’une autre, il n’avait pas à sacrifier un de ses fils à la magie. C’était une notion bien difficile à digérer pour un fier et noble cavalier du Voïvode der Rothaarige. R’Lan dû pourtant se l’avouer; le vieux sage avait bien pesé ses mots et n’avait jamais fait mention de sexe pour le choix d’un apprenti. Ainsi, il ne chercha pas noise à son épouse. Après tout, elle en était tellement heureuse. Il avait donc consenti à laisser partir A’Nré à cheval vers Drakis, chez cet étrange Friedrich Weisheit.
R’Lan la trouvait bien vide, sa grande maison, cadeau de ses ancêtres. Il avait servi plus de 20 ans la famille der Rothaarige. Il avait connu le père de Fels, Kneipen, avec qui il avait repoussé les orques qui tentaient de passer par le Bastion, extension de la barrière naturelle qu’offre les Montagnes Noires et les Monts Remparts. D’ailleurs, il portait au cou la dernière décoration reçue des mains tremblantes du Saint Prince, Vladimir Brisnovitch. R’Lan avait quelquefois des remords en songeant à ses mains et à son âme souillées par le sang de ses ennemis. Que de souvenirs… mais le temps était long et il s’ennuyait. Il enviait ses fils qui avaient la vie devant eux, sauf peut-être ce pauvre J’uès.
L’aîné des Jexter, J’Uès, avait perdu la vie dans une embuscade alors qu’il avait rejoint les rangs du neveu du Voïvode, Geröll der Rothaarige. Tous les membres de son groupe furent décimés lorsqu’ils se sont fait prendre à découvert par des membres de la Guilde des Voleurs, fléau hantant Argyle. Un seul homme s’en sortit, un homme dit « Le Dur ». Telles furent les dernières nouvelles de J’Uès Jexter. Sa dépouille fut escortée jusqu’à Varkis par les troupes du Voïvode pour être inhumée selon les coutumes Argyliennes.
R’Lan essuya une larme. Il se remit à rêver, chose qu’il faisait de plus en plus, pipe à la main, à ses fils et aux aventures qui les entraînaient toujours plus loin de la maison, qui, elle, semblait de plus en plus vide. Mais, il ne resterait pas longtemps inactif, ses deux plus jeunes fils, D’Nic et J’Sef étaient en train d’organiser les forces de la loi à Varkis. Il pourrait sûrement y ajouter son grain de sel si ce n’est toute son expérience et son temps.
Il ne reste que ça grande fierté, C’Ian. Il avait tous les traits de son père et la loyauté qui l’habitait devait être mentionnée. C’Ian avait fait son service militaire pour le Voïvode. Seulement, l’idée de se quereller sans cesses avec ses voisins, lui fit perdre le goût à la guerre. Les Voïvodats se querellaient pour devenir Régent à Vozdth. C’Ian Jexter désirait ardemment se trouver une cause plus noble, plus chevaleresque. Après trois ans au sein de la glorieuse armée Argylienne, C’Ian retourna aider sa mère avec la maison. Il profita de ce moment pour pleurer son frère J’Uès et faire le vide. Sa quête, celle qui le sorti de sa léthargie, fut envoyée à Dame Myroande. C’était l’ancien maître de sa mère qui lui demandait une avance sur la promesse de son père. L’Archi mage avait besoin d’un garde du corps pour protéger son apprentie partie en Bélénos. En effet les mages avaient mauvaises réputation sur ces distantes terres, un guerrier pour la protéger soulagerait les craintes du mage. Il avait bien eu Somavrak, engagé du maire de Drakis, mais il disparut mystérieusement.
C’est par l’entremise du maire de Drakis, Araphel Kef, que leur fut envoyé la missive. La mage à protéger à tout prix était Cassiopée Sûden, nouvellement élue mage au conseil du Conclave de Magie et membre de la Compagnie de la Troisième Lune. C’Ian n’eut pas à se faire prier pour accepter. C’est donc avec empressement que C’Ian parti remplir cette mission. Ce rôle de garde du corps lui collait à la peau comme l’uniforme qu’il portait avec fierté. Une fois à la solde de Dame Cassiopée, il dû risquer sa vie deux fois avec succès. La preuve, la Compagnie de la Troisième Lune dans sa totalité était là pour accueillir la venue du Voïvode Friedrich Putnaï Poenari. Ce dernier était le Voïvode de Brodjiev, volontaire parti à Bélénos assurer la paix avec l’Empire de Twyden et exterminer la racaille la peuplant.
Aux dernières nouvelles reçues de son fils, il avait été chargé d’une mission prestigieuse, protéger la bibliothèque du savoir Argylien en Bélénos. C’Ian reçut le titre de Wissen Warter et garde jalousement ce lieu de connaissance. La dernière lettre que R’Lan et Myroande reçurent était même écrite par leur fils. C’est avec beaucoup d’émotion qu’ils firent lire la lettre par l’érudit du village. Un Jexter sachant lire et écrire, une première...
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